FOUJITA et Montparnasse

Autour de la peinture de Foujita, on peut repérer quelques manières de peindre représentatives de cet entre-deux guerres, et surtout d’une modernité hésitante. Engagé, comme les impressionnistes et les cubistes dans la remise en cause de la perspective et dans l’affirmation de la surface, Foujita, comme Valadon, un peu avant, mais aussi Modigliani, Pascin, Wegener, Fautrier, Mammen et Waechtler, modulent leurs surfaces par des modelés hésitants et fragiles, donnant un relief incertain à leurs figures. Ils et elles ont aussi en commun d’aborder la question de la sensibilité, des corps et des émotions, ce que les « avant-gardes » (Cubistes, expressionnistes, futuristes, dadaïstes, surréalistes) délaissent.

C’est aussi le peintre d’un milieu et d’une époque, ou les femmes modèles se rebellent face au stéréotype de la « muse », comme Valadon et David ou Kiki par exemple.

Foujita, artiste japonais établit la jonction entre les traditions japonaises des estampes (lignes fermes, contours affirmés, à-plats, absence de modelés et de perspective conique) et la liberté acquise par les artistes occidentaux de l’inachevé, du modelé.

On remarquera que la question du « genre » est présente dans cet entre-deux (guerres, cultures, modèles, genres…) chez Foujita, Kiki, Wegener, Mannen comme une interrogation sur les certitudes et les affirmations . N’oublions pas que ces années 30, sont aussi celles de l’émergence de totalitarismes.Jean COCTEAU, électron libre

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About Olivier Jullien

Intervenant dans le domaine des arts plastiques, comme enseignant, praticien ( peintures-graphismes) et conférencier.
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